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Constant BERLIOZ chante l’Albanais et Le Lac d’Aix

Au début du XXe siècle, Constant Berlioz, poète rumillien, tînt dans les colonnes des journaux que dirigeait Maurice d’Orfeuil à Aix-les-Bains une rubrique hebdomadaire.

L’œuvre de ce poète prolixe ne sera pas goûtée des amateurs du vers libre ou des adeptes du romantisme qui lui reprochent sans doute ses facilités, ses stéréotypes et ses images bien conventionnelles. Malgré tout, ces petites œuvres ont certainement été appréciées des lecteurs de l’Avenir d’Aix ou du journal Aix Mondain qui les retrouvèrent toutes les semaines entre 1900 et 1914 (1).

Ce sont celles consacrées aux sites et personnalités de l’Albanais, au Lac du Bourget et à ses environs qui ont retenu notre attention ; cinq poèmes nous parleront respectivement du Château de Cessens et du Sapenay, d’Henry Murger de La Biolle, du Lac d’Aix et du vin de Chautagne.

Bandeau du journal « L’Avenir d’Aix » – dessin de Guido Gonin

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LES VESTIGES
du Château de Cessens

Ruine du castel dominant la montagne,
La vallée albanaise et les ceps de Chautagne !
Manoir tombé | je veux rappeler ton fleuron
Et la tour qui servait de panache à ton front.
Ton mur, disparaissant sous un linceul de lierre,
Ton mur, abandonné de tous, je le vénère ;
Ton mur, qui n’aura plus bientôt pierre sur pierre,
Supporte maintenant un formidable assaut :
Laissé, même des siens, perdu vers la frontière,
Il sent que tout le frappe, il entend le marteau ;
Et l’orage y réveille un cri sourd de bataille,
Un cliquetis d’épée, un grand choc de ferraille ;
Dans l’ombre du vieux temps, l’homme suit du regard
Les prouesses d’antan du comte savoyard.
        Aux forges de Vulcain pareille,
        La tour a de graves échos ;
        Le son qui frôle votre oreille
        A des craquements infernaux !
Le lac prête au castel le miroir de ses eaux,
Hautecombe est au loin sur la rive opposée.
Quittez vos carrefours, soldats de la pensée !
On étouffe chez vous, le cœur n’a plus de sang.
Venez, soldats vaincus ! et votre âme épuisée,
Comme autrefois Rousseau, qui vint là frémissant,
Sentira de la Muse un baiser plus puissant.
Puis, vous rencontrerez peut-être sur la roche
Un vieillard souriant dont la cabane est proche
Et qui dira : — Voici les restes d’anciens forts.
Vous, messieurs qui foulez notre sol de Savoie,
Prenez aussi le temps comme Dieu nous l’envoie.
Nous vivons sans éclat, ici, mais sans remords ;
Chez nous, jamais, jamais, on n’oublia ses morts,
Même les murs des châteaux-forts !

Constant BERLIOZ

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La seigneurie du même nom est alors en possession des Faucigny qui céderont tous leurs droits sur le Château et le mandement de Cessens ; ils vont alors être l’enjeu d’une âpre lutte entre les deux puissances rivales du moment : Comtes de Genève et Comtes de Savoie.

Sièges et traités vont se succéder entre 1284 et 1320, date à laquelle Édouard de Savoie s’empare de Cessens et de ses châteaux.

Devenu définitivement fief de Savoie, le mandement voit se succéder de nombreux propriétaires. Il est probable que les deux châteaux ont été ruinés au XVIIe siècle par les armées françaises.

Les vestiges du château neuf et du château vieux sont placés à cheval sur la crête de la montagne de Cessens en un point d’où la vue s’étend d’un côté sur le lac du Bourget, la vallée du Rhône, la Chautagne, et de l’autre côté sur la vallée de l’Albanais. Connus sous le nom de « tours de César », les châteaux situés à 825 mètres et 842 mètres d’altitude commandaient le passage du col de Cessens.

On mentionne pour la première fois Cessens en 1121 à l’occasion de la fondation du premier monastère d’Hautecombe (2) .

Château Neuf de Cessens. Essai de reconstitution, J. Tealdi, 1984.

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POÉSIE SANS H

LE SAPENAY
Au Nord DE CESSENS

Les sapins frissonnants plaisent à l’âme triste ;
Elle comprend leur voix, alors Dieu seul l’assiste,
La couvrant de son bras tout-puissant, immortel.
Dans les arceaux le vent siffle ses notes graves,
Ce murmure sauvage aux rapides octaves
        Semble les orgues d’un autel.

Le fleuve rampe au loin, large et parsemé d’îles,
Formant mille serpents aux nuances mobiles ;
C’est à peine s’il donne au Bourget un baiser.
À vos pieds un torrent résonne dans le gouffre,
Ainsi qu’un long sanglot au fond du cœur qui souffre
        Et que nul ne vient apaiser.

Sous vos pas la forêt toujours silencieuse,
Maternelle toujours pour l’âme soucieuse,
Étend l’épais tapis que tressèrent les ans ;
Et vous ne sentez plus vos pieds fouler la terre,
Et vous errez ainsi, recueilli, solitaire,
        Des sapins aspirant l’encens.

Déposant son fardeau, le voyageur s’arrête
Et dit : « Reposons-nous au sein de la retraite,
À l’abri de l’orage et du monde un instant.
Du vieil être jetons la traînante dépouille.
Calme religieux ! Ici rien ne vous souille,
        L’arbre ami vous soulage tant! »

Et son esprit s’en va, par de légers coups d’ailes,
Dans l’espace serein, peuplé d’anges fidèles.
Trop lourd pour son épaule était l’affreux fardeau,
Il l’oublie, est joyeux ; il l’est, puisqu’il croit l’être.
De son émotion il ne se sent plus maître,
        Soudain il crie : « Oui, que c’est beau ! »

C’est le Sapenay, c’est l’immense sapinière
Qui sur le mont Clerjon agite sa crinière.
Il est si grand, que nul jamais n’en fit le tour ;
Si noir et si touffu, que ni soleil ni neige
N’atteint le montagnard que son rameau protège.
        J’aime son vague demi-jour.

J’aime l’épicéa que la bise balance,
J’aime de la forêt le mystique silence,
Son air tout parfumé qui grise les poumons.
Je voudrais établir, là même, une demeure,
Y rester inconnu jusqu’à ce que je meure,
        Puis être enterré sur les monts.

Constant BERLIOZ

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Le col du Sapenay qui conduit de Cessens à Serrières porte un nom d’origine latine. Il proviendrait de « sapinetum », c’est-à-dire la forêt de sapins.

Les romains, implantés en Savoie dès le premier siècle ont dû rapidement porter de l’intérêt à ce passage forestier. À preuve, l’origine du nom de Cessens dériverait de « Sextianum », la propriété ou le domaine d’un dénommé Sextius (4).

Marcel Girard, photo-éditeur

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Ce qu’Henry Murger
de la Biolle
pouvait écrire à Musette

Voici l’hiver !

Tel qu’un bandit, sans longue phrase,
L’hiver nous attaque en grondant.
Le poids du jour glacé m’écrase,
Il faut avancer cependant
À l’heure où je poursuis ma route
Seul et dans la nuit de la mort,
Seule, toi tu penses sans doute
À l’arrivée, au but, au port.
Rions du vent de la misère
Passant sur toi comme sur moi;
La braver, c’est avoir, ma chère,
L’espérance et même la foi.

Notre solitude est affreuse,
Certes c’est souffrir trop longtemps.
Demain, à l’aube radieuse,
Peut-être serons-nous contents.
Mais si nous devons sur la terre
Ne plus nous tenir par la main,
Si l’un doit marcher presque austère
Sans l’autre le long du chemin,
Ne nous désolons pas encore,
Ne versons pas des pleurs amers :
Il est une seconde aurore
Qui se lève au-delà des airs.

Enivrons-nous bien de tristesse,
Vidant la coupe lentement.
S’étourdir, c’est la faiblesse ;
Mieux vaut finir en souriant.
Adieu. Quelqu’un frappe à ma porte;
C’est la bise des derniers jours.
Dans ma lampe la flamme est morte,
La bise est fidèle aux amours.
Puisque l’on refrappe à ma porte,
C’est la bise des jours mauvais,
Brrr !… qu’il fait froid !… Entre, n’importe,
Bise, et dis-moi donc où je vais.
— C’était Musette, ouvrant la porte.

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En 1904, Constant Berlioz publie cette poésie en hommage à Henry Murger. Né à Paris en 1822, Henry est le fils du savoyard Claude Murger de la Biolle. Son nom resté lié pour nous aux « Scènes de la vie de Bohème » à ses personnages, Mimi, Musette et Rodolphe, à l’opéra qu’en tira Puccini en 1896 (5).


Ayant fait sa percée littéraire, considéré comme un des précurseurs de l’école réaliste, Henry Murger entra à « La Revue des Deux Mondes » en 1851. Il connaît désormais une vie plus tranquille, une situation matérielle meilleure qui lui permet de s’installer à la campagne près de Fontainebleau. C’est là qu’il rédigea ses derniers livres non sans difficultés d’ailleurs, car son état de santé est précaire. À moins de 40 ans, il mourra à l’hospice Dubois, à Paris, emporté en quelques jours par la gangrène.

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Sur le lac d’Aix

Vogue en paix, vogue, ma nacelle,
Où tu voudras, au gré du vent !
Tu peux errer, l’onde étincelle,
Nous voguerons tous deux souvent.
Mes pieds dans les sentiers du monde
Se sont blessés, se sont meurtris ;
J’ai marché dans la boue immonde
Au milieu des pleurs et des cris,
Car j’ai vu les plaines lointaines
Et j’ai souffert et je suis las ;
Au fond de mes Alpes hautaines,
Tout courbé, je reviens, hélas !

Heureux qui peut après l’absence
Saluer son jeune horizon |
Au doux pays de sa naissance,
Heureux qui revoit sa maison!
Voici Tresserve solitaire ;
Forêt et source au bruit flatteur !
Ici pour moi finit la terre,
Mon cœur le dit, est-il menteur ?

Là-bas, Hautecombe qui prie
Sur la poussière des tombeaux ;
Puis, aux bornes de la prairie,
Châtillon près des bords si beaux !
Au sud, drapé dans son histoire,
Bordeau rappelant le passé
Où l’on savait bénir et croire,
Par l’espérance caressé.

La nature est calme et charmante,
Elle sourit. ah ! désormais
Je voue un culte à cette amante
Qui du moins n’a trompé jamais.
Ami des flots, dans le silence,
Le saule incline ses rameaux ;
Plus fier, le peuplier s’élance ;
Ces lieux font oublier nos maux.

Ô barque à l’allure tranquille !
J’aime avec toi l’or des roseaux,
Les cygnes gracieux, leur île,
Et le clapotage des eaux ;
Le voyageur dont l’âme vibre
Au chant allègre du retour.
Désire toujours rester libre
En suivant du lac le contour.
Vogue donc, vogue, ma nacelle,
Où tu voudras, au gré du vent !
Tu peux errer, l’onde étincelle,
Nous voguerons tous deux souvent.

Constant BERLIOZ.

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Le vin de Chautagne

Le jus de la treille étant sain,
(Ce principe est incontestable,)
Au lit reste peu, reste à table,
Quoi qu’en dise ton médecin,
Si la souffrance est ta compagne,
D’Hippocrate bravant les lois,
Jette les remèdes et bois
Un pot de vieux vin de Chautagne.

Mais, ayant la santé au corps,
Si c’est de l’âme que tu souffres,
Si pour toi la vie a des gouffres,
Si tes jeunes espoirs sont morts,
Ne l’adresse pas au champagne.
Lorsque ton âme est aux abois,
Et moins encore au bordeaux, bois
Deux pots de vieux vin de Chautagne.

Si tu te sens malade ami,
Et dans ton corps et dans ton âme,
Si, par hasard, même ta femme
Pour comble de maux l’a trahi,
Bâti des châteaux en Espagne,
Oublie, — il le faut quelquefois, —
Et pour cela, ventre bleu, bois
Trois pots de vieux vin de Chautagne.

Constant BERLIOZ.

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La vigne est, en principe, une culture de pays méditerranéen. Mais, elle a trouvé en Savoie des coteaux bien exposés et se plaît sur les sols calcaires de l’avant-pays. C’est pour ces différentes raisons que l’on trouve ici la vigne cultivée depuis la plus haute antiquité (Pline en fait la mention au Ier siècle de notre ère) sur les pentes surplombées par la Chambotte et le Sapenay, sur les rampes des premières montagnes calcaires bien exposées au soleil couchant.

Comme l’écrit Paul Vincent « la cave coopérative de Cruet pour la mondeuse et celle de Chautagne à Chindrieux – Ruffieux, sont les deux mamelles des vins de Savoie ».

Constant Berlioz dans ce réjouissant poème de 1909 célèbre avec un beau dynamisme l’une de ces « mamelles ». À apprécier avec modération !

Jean-Louis Hébrard

Notes

1) Ces journaux peuvent être consultés aux Archives Départementales de Savoie : Per n° 13 et Per n°25.

2) Haute-Combe ou la vie monastique à Cessens au XIIe siècle. Kronos n° 3.

3) Que reste-t-il de nos châteaux ? Publication du Musée Savoisien 1984.

4) A. Gros, dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie.

5) Sur H. Murger, on peut consulter l’article que lui a consacré A. Preiss dans le Dictionnaire des Littératures de Langue Française. 1987.

6) Paul Vincent, Cuisine traditionnelle de Savoie. 1989.

Article initialement paru dans Kronos n°8, 1993

Antiquités gallo-romaines du canton d’Albens

Parmi les nombreux pagi (districts) qui se partageaient la Colonia Vienna sous le Haut-Empire, puis la Civitas Benavensium au Bas-Empire, existait un pagus Dia (nius) ou Dia (nensis), connu par deux inscriptions lapidaires, l’une trouvée à Seyssel (CIL. XII, 2561), l’autre à Hauteville (CIL XII, 2558).

Cette circonscription doit correspondre sensiblement au décanat médiéval de Rumilly et partiellement à celui de Ceyzérieu (Chautagne), s’allongeant du sud au nord, entre le Rhône et une ligne de crêts jouxtant le décanat d’Annecy.

Cette unité coupée en deux par la dorsale du Clergeon était desservie par deux voies romaines bien identifiées : d’une part, la voie impériale de Vienne à Genève par le port de rupture de Condate (Seyssel), bien mis en lumière par P. Dufournet (2) ; d’autre part, la voie secondaire du Val de Fier sur le parcours de laquelle se situait l’important vicus d’Albinnum (CIL XII, 2493-94-95), dont le pagus Albanensis s’étendra plus largement en 1016.

Carte du canton d'Albens
Carte du canton d’Albens

Les travaux de Ch. Marteaux (3) et notre propre contribution (4) nous dispenseront de nous étendre sur Albens même, pour examiner seulement les communes environnantes, dont les vestiges romains sont cependant mal connus, bien que ce terroir fut sans doute peuplé de nombreux habitats, qui restent à repérer.

016. Ansigny (Ansignie au XIIIe siècle) est la plus petite commune du canton. Rien à dire, si dire, si ce n’est son toponyme (5).

043. La Biolle (du latin Betulla : le bouleau). Cette commune de superficie presqu’égale à celle d’Albens (1 246 ha), est sans doute la plus riche en vestiges antiques car elle possède cinq inscriptions lapidaires, qui peuvent d’ailleurs provenir d’Albens même.
La première (CIL. III, 2455), trouvée à la chapelle Saint-Antoine de Montfalcon, est l’épitaphe de Lucius Vibrius Octavianus, haut fonctionnaire d’origine africaine, mais inscrit à la tribu Voltinta. Il a occupé successivement les postes de Préfet de Corse.
La seconde (2491), trouvée au même endroit, est une dédicace aux dieux et déesses immortels, pour le salut des empereurs Septime-Sévère et Caracalla. Elle était offerte par un affranchi du nom de Primus Honoratus, au IIIe siècle.
La troisième, (2496), découverte à la Mollière, est une donation au peuple, aux frais d’un personnage inconnu.
La quatrième (2507), trouvée à la chapelle du château, fragmentaire, ne montre que deux lettres.
Enfin, la cinquième (non enregistrée), découverte en 1979, lors d’une prospection au château de Montfalcon, est donation d’un Viennois, Sennius, dont le nom complet figure sur plusieurs inscriptions, sous les noms de C. Sennius Sabinus à Marigny et Sennius Marcianus à Cran-Gevrier.

Inscription lapidaire trouvée à Montfalcon en 1979
Inscription lapidaire trouvée à Montfalcon en 1979

À ces épigraphes, il faut ajouter quelques trouvailles sporadiques : des colonnes, des poteries, des monnaies et une patère en bronze à Longefan (6), un mur de 15 m de long et deux cimetières, l’un à urnes cinéraires, l’autre à sarcophages en dalles, à la Vignette (7).
Certains toponymes fonciers permettent d’ajouter quelques habitats possibles à Savigny, Tarancy et Troissy (8).

052. Cessens (Sexent en 1120). Cette commune aussi étendue (1 280 ha) est cependant montagnarde, et ainsi, moins susceptible d’antiquités. Notons cependant que son nom peut lui faire supposer une origine ancienne (9), mais les tours de César n’ont rien à voir avec le conquérant des Gaules.

108. Épersy est par contre une petite commune dont l’origine foncière est peut-être antique (10).

238. Saint-Germain-La Chambotte. Cette commune de 720 ha commande un des rares passages possible pour joindre le lac, il a pu être pratiqué comme le col du Sapenay. Une épitaphe (CIL. XII, 2502) y mentionne une certaine Taia Secundia, dont le gentilice est connu à Rumilly.
Avec une présence de tuiles à rebords, on y note deux hameaux, Lassy et Marcens, qui peuvent être des toponymes fonciers gallo-romains (11).

239. Saint-Girod. Cette commune est de superficie voisine (610 ha), mais située en plaine. On y a trouvé à Villette des tuiles à rebords et aussi une statuette en bronze d’athlète, qui figure au musée de Chambéry (12). Le hameau de Marcellaz peut recouvrir un domaine secondaire (13).

Figurine en bronze (fonte pleine trouvée à Saint-Girod)
Figurine en bronze (fonte pleine trouvée à Saint-Girod)

Personnage nu, hauteur 11 cm, debout, bras et jambes légèrement écartés ; la main droite tient un objet (petite baguette) ; un manchon entoure le bras gauche ; le pied droit est restauré.
Hercule combattant ?

158. Mognard (Muniata en 1426). Sur cette commune de 395 ha, nous ne pouvons rien signaler, mais elle a pu posséder une ou plusieurs exploitations rurales antiques.

265. Saint-Ours. Commune de 438 ha, elle a le nom d’un martyr de la légion thébaine. Au lieu dit La Forêt, il y aurait un camp que nous n’avons pu retrouver (14). Par contre, on y a découvert des tuiles à rebords, des monnaies et une statuette en bronze déposée au misée de Chambéry (15).

Figurine en bronze (fonte pleine) découverte à Saint-Ours
Figurine en bronze (fonte pleine) découverte à Saint-Ours

Si on ajoute le territoire d’Albens à ces huit communes, on trouve à ce canton une superficie de 64km², qui est loin de couvrir les 480km² que nous avons limité. Mais ce canton est le noyau principal de plusieurs terroirs, parmi les plus riches de Savoie, juxtaposés : Albanais, Semine et Chautagne.

Pierre Broise, 1991
Article initialement paru dans Kronos N° 7, 1992

Personnage nu, hauteur 9 cm aux formes potelées, obèse : type nain dansant, main droite sur la hanche, main gauche levée et repliée.
L’obésité et le geste de la main gauche rappellent l’art étrusque ; l’aspect caricatural évoque l’art hellénistique.
Tête perforée, manquent les pieds.
Dessin d’après le catalogue des collections du musée de Chambéry (1984)

Notes de l’auteur

1) Ch. Marteaux et M. Le Roux Boutae, Annecy 1913, p. 367
P. Broise, Genève et son territoire, Latomus 129, 1974, Bruxelles, p. 42.
2) P. Dufournet, Le carrefour fluvio-routier de Seyssel dans l’Antiquité, colloque sur Alpes, Bourg, 1969, pp. 59-85.
3) Ch. Marteaux, Rev. Sav. 1911, pp. 223-228.
4) P. Broise, Albens dans l’Antiquité, Académie de Savoie, XII, 1981, pp. 75-84.
5) Insigniacus, selon Ch. Marteaux, Rev. Sav. 1913, p. 52
6) Ch. Marteaux, Rev. Sav. 1908, p. 35
7) Ch. Marteaux, Rev. Sa7. 1913, p. 183
8) Sabiniacus, Terentiacus et Trocciacus, selon Ch. Marteaux, Rev. Sav. 1913, pp. 182-184 et A. Gros, Dictionnaire étymologique de Savoie, 1935, pp. 372, 581,550
9) Sextianus, selon A. Gros, Dictionnaire, p. 118, Notons un Sextius à Sale.
10) Spartiacus, selon Ch. Marteaux, Rev. Sav. 1913, p. 185 et Boutae, p. 387
11) Kattiacus, selon Ch. Marteaux, Rev. Sav. 1913, p. 181
Laciacum et Marcianum, d’après A. Gros, Dictionnaire, pp. 300, 322
12) Ch. Marteaux, Rev. Sav. 1913, p. 181
13) Marcellata, selon A. Gros, Dictionnaire, p. 321
14) Selon Trepier, Académie de Savoie, 1859 et Vuarnet, Académie Chablaisienne, 1937 et 1939
15) Ch. Marteaux, Rev. Sav. 1913, p. 185

La revue 40 est sortie…

… depuis déjà près de deux mois ! Il était temps de l’annoncer officiellement, d’autant plus qu’il s’agit de notre 40ème revue !

Au sommaire :

  • Le vin de Chautagne en Suisse avant le XXe siècle
  • Des chantiers de jeunesse au maquis (2de partie)
  • De La Biolle à la Bulgarie, la nourrice et le roi
  • Pierres à cupules, la famille s’agrandit
  • L’incendie de Châtillon (Chindrieux)
  • Histoire de l’alpage du Thurroz
  • Le costume de Saint-Offenge
  • « Il était une fois » Kronos
  • Les activités de Kronos en 2024

Si ce n’est déjà fait, vous pouvez la retrouver dans les points de vente suivants :

  • Maison de la presse à La Biolle
  • Magasin SPAR à Albens
  • Carrefour Market de Grésy-sur-Aix
  • Hyper U de Rumilly
  • Espace Leclerc de Drumettaz

Élèves de La Biolle et Albens à Crosagny

Mardi 27 mai une rencontre entre les élèves de Cours Moyen des écoles d’Albens et de La Biolle eut pour thème l’histoire locale de Crosagny.

René Canet avec sa verve habituelle conta l’aventure de Poncini, cet italien suisse venu de son Tessin natal, qui creusa la terre avec une centaine d’ouvriers pour fabriquer tuiles et briques. S’en suivit la visite du village de Braille chère à notre guide.

Au moulin, l’histoire du meunier narrée par Marius Bonhomme permit aux enfants de découvrir la vie autrefois. Tout se termina par la découverte des petites bêtes de la mare.

Une journée bien appréciée par les 110 enfants et leurs accompagnateurs.

Albanais 1900 – Nos villages (Albens, La Biolle, L’émigration)

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Nos villages

ALBENS

Depuis 1861, Albens est le chef-lieu d’un canton de neuf communes. Les guides des années 1900 signalent le village pour « sa belle église moderne aux chapiteaux historiés » et son passé antique.

En l’espace d’un demi-siècle, la bourgade a connu quelques transformations importantes. Tout d’abord le déplacement de son centre de gravité lorsqu’en 1867 la nouvelle église fut implantée dans le pré Langard, à côté de la route de Rumilly ; ensuite, une série de constructions caractéristiques de la révolution industrielle et de la IIle République : la gare inaugurée en 1866, le groupe scolaire mixte achevé en 1882 et accueillant la mairie en 1893.

Avec 1 559 habitants en 1911, Albens est le village le plus peuplé du canton ; ses habitants travaillent surtout dans l’agriculture, mais déjà certains trouvent de l’activité dans l’industrie fromagère à Saint-Félix ou dans la fabrication des tuiles chez Poncini.

Le docteur Rosset, diplômé des Universités de Paris, est le médecin du Canton ; la pharmacie se trouve quartier de la gare. Albens a son poste de gendarmerie donnant sur la Grande Rue, ses nombreux commerces et cafés.

Albens - Derrière l'église
Albens – Derrière l’église

LE GÉNÉRAL PHILIBERT MOLLARD

Glorieux enfant d’Albens, Philibert Mollard est célébré par la presse de l’époque autant pour ses qualités militaires que pour son attachement à la France.

En 1866, un journaliste du Mont-Blanc écrit à son sujet : « C’était chez lui une habitude de gagner tous ses grades supérieurs sur le champ de bataille. Après la victoire de San Martino, Mollard fut nommé commandant du 4e corps d’armée, dont le quartier général était à Casal. C’est là que l’annexion le trouva, au printemps de 1861. Lorsque les officiers et soldats de son corps d’armée apprirent sa détermination de passer en France, ils lui offrirent par souscription une épée d’honneur en souvenir de sa belle conduite à San Martino, et le prièrent de rester au milieu d’eux ; mais sa résolution était arrêtée… Aujourd’hui, la carrière militaire du général Mollard semble terminée… Il a quitté le service d’aide-de-camp de l’Empereur pour entrer au Sénat. Le général Mollard est grand officier de la Légion d’honneur. »

ALBENS (Savoie) - Villa Futenex : ancienne résidence du général Mollard
ALBENS (Savoie) – Villa Futenex : ancienne résidence du général Mollard

LA BIOLLE

patrie de François Michaud, grenadier d’empire

Rares sont les habitants de La Biolle qui se souviennent vers 1880 de François Michaud et de son glorieux passé sur les traces de la Grande Armée.

Pourtant la commune pourrait être fier de ce grenadier de Napoléon écrivant à son frère, greffier de la Justice de paix : « embrasse tous ceux qui te parleront de moi et dis-leur que je suis vainqueur d’Austerlitz. »

Mais la tourmente révolutionnaire est loin et les 1 150 habitants de la commune (recensement de 1911) se souviennent plutôt du grave incendie de 1862 qui ravagea une partie du village et dont les pompiers d’Aix et d’Albens ne vinrent à bout qu’après un jour et une nuit de lutte.

Leurs pensées vont également à ceux qui sont partis outre-mer chercher fortune sur les terres argentines ou algériennes.

La Biolle est un village de petits propriétaires travaillant surtout comme agriculteurs, cabaretiers, charpentiers ou maçons.

Il souffre de n’avoir pas pu faire installer une gare sur son territoire, ne dispose pas d’activité industrielle notoire et se tourne plutôt vers des activités commerciales que la proximité d’Aix-les-Bains rend lucratives.

Les deux fruitières constituent avec les cafés restaurants d’importants lieux de rencontre.

L’ÉMIGRATION

À Cessens, les femmes allaient jusqu’en Argentine servir de nourrice. L’argent gagné servait ensuite à acheter des maisons appelées « maison de lait ».

Cette anecdote est révélatrice de l’important courant migratoire qui toucha l’Albanais et plus largement la Savoie dans la seconde moitié du XIXe siècle. La destination la plus fréquente était alors l’Amérique du Sud, plus particulièrement l’Argentine et l’Uruguay.

Avec près de cinquante départs enregistrés, la commune de Cessens vient en tête pour le nombre d’émigrants ; Saint-Germain, La Biolle, Albens, Saint-Girod, Saint-Offenge ou Ansigny fournissent chacune une dizaine de personnes. Au total, l’Albanais a vu s’expatrier quelques centaines d’hommes et de femmes. Tous les métiers sont représentés : cultivateurs, artisans, commerçants.… Épouses et enfants accompagnent les chefs de famille ou font en sorte d’aller les rejoindre. Des frères, des fiancés s’efforcent de se retrouver.

CONDITIONS DE PASSAGE

Nourriture des Passagers-Émigrants.
 

Les plats sont composés de huit à dix personnes.

Déjeuner
Café avec 4/6 de litre eau-de-vie ou rhum. 5 fois par semaine.
Anchois avec 4/4 de litre de vin. 2 fois par semaine.
Biscuit.

Dîner
Un potage avec le bouilli.
Un plat maigre.
Un quart de litre de vin.
Pain.

Souper
Un plat fort de viande.
Un plat maigre.
Un quart de litre de vin.
Pain.

Le jeudi et le dimanche, le plat de viande du souper sera remplacé par un rôti.

Le restaurateur se réserve la faculté de donner à trois repas de la semaine du biscuit en remplacement pain.
Les bidons, gamelles, plats, assiettes, couverts, etc., sont fournis gratuitement aux passagers-émigrants qui devront les tenir en état de propreté et les laisser à bord en arrivant à destination.

Couchettes. — Chaque passager-émigrant a droit à la couchette portant le numéro mentionné sur le présent contrat. Les enfants de un à huit ans n'ont droit qu'à la moitié d'une couchette.
La literie, consistant en une paillasse, une couverture et un traversin, est fournie par le navire.
 
Bagages. — Chaque place entière donne droit au transport gratuit de 100 kil. de bagages n'excédant pas 8/10 de mètre cube.
L'excédant paie à raison de 12 fr. les 100 kil, ou le 4/10 de mètre cube.
Le linge et les effets à usage sont seuls considérés comme bagages.
Chaque colis doit porter les noms et la destination du passager émigrant.

Les couchettes étant élevées de 45 centimètres, il est obligatoire au passager-émigrant de placer ses bagages au-dessous.
Les colis dépassant cette hauteur seront mis dans la cale et rendus à destination seulement.

Il est interdit de conserver dans ses bagages des espèces, valeurs ou marchandises; le passager-émigrant devra les consigner à l'Agence et en payer le fret.

En cas de maladie grave ou contagieuse, légalement constatée avant l'embarquement, le passager-émigrant a droit à la restitution du prix payé pour son passage. Le prix du passage est également restitué aux membres de sa famille qui restent à terre avec lui.

En cas de maladie traversée, le passager-émigrant a droit également aux soins gratuits du Docteur du bord et aux médicaments nécessaires.

Si le navire ne quitte pas le port au jour fixé parle contrat, l'Agence est tenue de payer à chaque passager-émigrant, pour ses dépenses à terre, une indemnité de 2 francs par jour.

Si le retard dépasse dix jours, le passager-émigrant a le droit de résilier son contrat, et ce, par une simple déclaration, faite au Commissariat de l'Émigration, sans préjudice de dommages intérêts qui pourront lui être alloués.

Toutefois, si les retards sont produits par des causes de force majeure, appréciées et constatées pur 1e Commissaire de l'Émigration, le passager-émigrant ne peut renoncer à son contrat ni réclamer l'indemnité de séjour à terre, pourvu qu'il soit nourri et logé, soit à bord, soit à terre, aux frais de l'Agence ou de ses représentants.

Dans le cas où, après avoir payé le prix de son passage, un passager-émigrant ne partirait pas, il lui sera remboursé seulement la moitié de la somme payée, l'autre moitié demeurant  acquise à l'Agence.

En cas de transbordement, sur un autre steamer, des passagers-émigrants, ceux-ci y seront installés et nourris dans les mêmes conditions que celles stipulées au présent contrat.

Le présent contrat est nominatif et personnel ; il ne peut, en  aucun eus, être transféré à autrui.

Le passager-émigrant doit se conformer aux réglements concernant in police du bord.

Toutes les contestations ayant trait à l'exécution du présent contrat seront soumises à l'arbitrage du Commissaire de l'Émigration, à Marseille.

« Nous voilà donc arrivés à Montévidéo — écrivent en 1869 à leur sœur restée à La Biolle, Pierre et Jeannette — jour si attendu ; nous débarquons avec un jeune garçon européen qui a son frère établi, tenant un grand café-restaurant ; nous y voilà bien reçus en grande société française… Mais pour nous ce n’était pas tout, il manquait mon frère. »

Ce frère qu’ils retrouveront quelque temps plus tard, travaillant dans une grande exploitation agricole.

Ils n’auront pas hésité à faire une traversée de près d’un mois de navigation ; un voyage qui n’a pas été toujours facile, comme le précise Jeannette : « Je n’ai pas éprouvé de mal de mer ce qui est bien rare pour celui qui n’est pas habitué car sur quatre cent onze passagers (embarqués à bord du paquebot à vapeur Poitou) pas vingt ont fait le trajet sans souffrir du mal de mer car autrement tous les passagers à bord ont été surpris par les chaleurs. »¹

Saint-Girod : Chef-lieu vers 1912
Saint-Girod : Chef-lieu vers 1912

Attirés par le mirage sud-américain, ils trouveront du travail et réussiront même à rembourser la somme empruntée pour payer leur traversée.

Beaucoup n’auront pas la même chance ce qui amènera les autorités savoyardes à des mises en garde répétées, rappelant à tous ceux qui « poussés par le vague désir d’améliorer leur sort se rendent en pays étrangers » de s’assurer d’y trouver un moyen d’existence.

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¹ Lettre de 1869. Archives privées.

Albanais 1900 – L’Albanais dans l’espace et le temps

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L’Albanais dans l’espace et le temps

ENVIRONS D’ALBENS

L’Albanais a toujours été une importante voie de communication. Dès l’époque romaine, les hommes ont reconnu dans cette dépression la liaison naturelle entre la cluse de Chambéry et celle d’Annecy : « Depuis Aix-les-Bains, en remontant le cours du Sierroz jusqu’à Grésy, puis celui de la Deisse jusqu’à Albens, l’accès était facile dans la vallée de l’Albanais, en pénéplaine jusqu’à Rumilly. »¹

Drainée par les deux versants du Chéran au nord et de la Deisse au sud, d’une altitude moyenne variant entre 340 et 600 mètres, la dépression de l’Albanais est limitée à l’est et à l’ouest par un ensemble de contreforts calcaires (Clergeon, Sapenay d’une part, Semnoz – Mont Revard d’autre part) dont les altitudes atteignent 1 000 à 1 500 mètres et qui constituent des belvédères remarqués.

Le cours du Chéran, passage difficile, lui sert de limite septentrionale et le lac du Bourget de limite méridionale.

Ainsi cernée, la vallée de l’Albanais est un espace orienté nord-sud, d’environ trente kilomètres de long et quinze de large.

LE RATTACHEMENT ET SES SUITES

En 1860, dans l’Albanais comme dans la Savoie toute entière, on manifeste massivement à la France en votant pour le rattachement.

Dans les quinze communes qui composent le mandement d’Albens, nombreuses sont celles qui choisissent la France à l’unanimité ; tel est le cas d’Albens, d’Ansigny, de Mognard, de Saint-Germain, de Saint-Girod et de Saint-Ours ; tous les inscrits se déplacent : leurs cœurs allaient bien vers où coulaient leurs rivières.

La province de Savoie se transforme en départements de Savoie et de Haute-Savoie.

Très vite pour l’Albanais, la question se pose de son appartenance aux deux départements. Où faire passer la limite administrative ?

Dans un premier temps, le canton d’Albens, composé de ses quinze communes, se trouvait incorporé à la Savoie. Mais très vite, la guerre, à son propos, fait rage entre les deux départements. Le préfet Petetin en attribue la raison à la « rivalité séculaire qui existe entre Annecy et Chambéry, celle-ci ville de loisirs, aristocratique et cléricale, l’autre active, industrielle et libérale », et la responsabilité aux « hommes d’affaires de Chambéry qui tenaient à réunir autour de leurs cabinets les plus forts éléments de clientèle et en voyaient d’importants dans le riche canton d’Albens ».

L’affaire va monter jusqu’au ministre de l’Intérieur et à l’empereur Napoléon III qui, par décret en date du 20 décembre 1860, va détacher les communes d’Alby, Chainaz, Cusy, les Frasses, Héry-sur-Alby, Saint-Félix du canton d’Albens pour les réunir au département de la Haute-Savoie et au nouveau canton d’Alby.

Cette solution ne faisait pas seulement passer la limite entre les deux départements plus au sud qu’avant, elle illustrait surtout la difficulté à partager un espace dont la vocation est d’être avant tout un trait d’union entre les deux composantes de la Savoie.

POPULATION DES VILLAGES EN 1912 {recensement de 1911)

ALBENS : 1 559 habitants. ANSIGNY : 98 habitants. LA BIOLLE : 1 150 habitants.
CESSENS : 562 habitants. EPERSY : 311 habitants. MOGNARD : 337 habitants.
ST-GERMAIN : 516 habitants. ST-GIROD : 429 habitants. S-OURS : 417 habitants.
POPULATION DES VILLAGES EN 1912 {recensement de 1911)
ALBENS : 1 559 habitants. ANSIGNY : 98 habitants. LA BIOLLE : 1 150 habitants.
CESSENS : 562 habitants. EPERSY : 311 habitants. MOGNARD : 337 habitants.
ST-GERMAIN : 516 habitants. ST-GIROD : 429 habitants. S-OURS : 417 habitants.

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¹ L, Buttin, Histoire de Rumilly.

Albanais 1900

Albanais 1900 est un livre épuisé, paru en avril 1991 (dépôt légal, ISBN 2-9505656).

Cet ouvrage avait été un travail conjoint de Bernard Fleuret, de Kronos, de La Biolle Loisirs, avec la participation gracieuse de Jean-Louis Hebrard pour le texte.

Vous retrouvez ci-dessous la mise en ligne de ce livre, découpé par chapitres, ou vous pouvez télécharger le livre scanné au format pdf.

Avant-propos

L’Albanais dans l’espace et le temps

Nos villages :

Dans l’Albanais à la Belle Époque :

Bibliographie de l’époque (Articles parus dans des revues locales)

Louis Perroud raconte la « Grande Guerre », Kronos n° 1
Fides et Spes, deux cloches centenaires, Kronos n° 1
La Tuilerie Poncini, Kronos n° 2
L’huilerie Tournier à Saint-Girod, Kronos n° 2
Le rattachement du canton d’Albens au département de la Savoie, Kronos n° 3
Philibert Mollard, Kronos n° 3
La Chambotte, une signature de la Belle Époque, Kronos n° 4
Un chemin de fer historique : celui d’Aix à Annecy, Kronos n° 4
A Vélocipède dans l’Albanais au début du siècle, Kronos n° 5
La fanfare « La Gaîté » de La Biolle, Kronos n° 5
La batteuse, Les Amis du vieux Rumilly n° 8
Les clochers de l’Albanais, Les Amis du vieux Rumilly n° 7
À Albens, autrefois…, Les Amis du vieux Rumilly n° 5
Vacances d’autrefois en Albanais, Les Amis du vieux Rumilly n° 7
Les deux forges de Saint-Félix, Les Amis des Moulins savoyards n° 4
Vivre à Saint-Ours, Bulletin municipal

La composition et la photogravure d’origine : A.P.P. Grenoble.

Maquette et couverture : Philip Astorg et Bernard Fleuret. Imprimerie du Marais, Albens.

Assemblée Générale 2024

Kronos vous convie à son Assemblée Générale qui se déroulera le vendredi 22 mars 2024 à 20h00, à la salle de l’Ébène à La Biolle.

Cette Assemblée Générale sera suivie par une conférence animée par Marius Bonhomme, sur le thème « L’école en Savoie à partir de 1860 », composée d’une projection de film et d’une petite exposition d’objets et de photos sur la vie scolaire.

Affiche de l'AG 2024

Le verre de l’amitié terminera la soirée.

Venez nombreux !



Ateliers d’écriture et inauguration de l’école de La Biolle

Samedi matin 30 septembre, à l’invitation de Véronique Boinon, nous nous sommes retrouvés dans la nouvelle salle d’étude de l’école pour animer des ateliers d’écriture à l’ancienne, lors de l’inauguration de l’école entièrement rénovée aux normes actuelles.

La salle a été aménagée comme autrefois, avec les bureaux munis des trous pour recevoir l’encrier de porcelaine, des cartes murales et même avec un poêle à bois.

Jeunes et moins jeunes se sont lancés dans l’écriture à la plume, trouvant ou retrouvant les bons gestes pour faire les pleins et les déliés.

Tous les compagnons de la plume, sergent major, buvard et gomme, encrier et porte-plume, avait été mis à disposition. Avec beaucoup d’application et de concentration, petits et grands ont rendu des copies tout à fait acceptables.

La matinée a été aussi l’occasion d’échanges de souvenirs, certains et certaines retrouvant les sensations de leurs jeunes années dans le cadre même où ils usèrent autrefois leurs culottes sur ces bancs.

Une belle expérience qui a rencontré un large public, se succédant jusqu’en fin de matinée, avant d’être invité à suivre discours des officiels et coupure du ruban. Un buffet clôturait l’inauguration.

Jean-Louis Hebrard pour le texte, Véronique Boinon pour les photos

Un merci à Marie-Hélène Sulpice pour la photo de classe.