Lecture publique : Henri Josseron

Lecture publique d’extraits des œuvres d’Henri Josseron (le Brunaud et les deux amis) par Bernard Juillet, professeur retraité

LesDeuxAmis

Le 29 mars à 20 h à la Bibliothèque de Cusy
Le 30 mars à 20 h au siège de Kronos (117 rue du Mont Blanc à Albens)
Entrée libre et gratuite

Henri Josseron,
Instituteur, poète, nouvelliste et chantre méconnu de l’identité savoyarde

HenriJosseron

Assemblée Générale 2018 et conférence : vendredi 23 mars

Kronos vous invite à son Assemblée Générale le vendredi 23 mars 2018 à 20h00, à la salle Chantal Mauduit (salle polyvalente) à Albens. La nouvelle revue y sera disponible.

À l’issue de l’Assemblée Générale, Jean-Louis Hébrard donnera une conférence intitulée « Les crues de l’Albenche témoignent des changements climatiques d’antan ».
L’auteur met en relation les fureurs de la rivière avec les changements climatiques que la Savoie et l’Europe connurent depuis l’époque romaine.

AG2018

Entrée libre et gratuite
Venez nombreux !

Faire son service militaire

Passés devant le conseil de révision au printemps, les conscrits sont appelés à rejoindre leur affectation à l’automne de la même année.
Il y a quelque temps que la récolte de céréales a été rentrée, les pommes de terre stockées, on se prépare à broyer les pommes pour le cidre lorsque Jean-Claude D. quitte Saint-Ours le 9 octobre 1911 pour rejoindre le 30ème RI à Rumilly.
Sur l’autre versant du canton, Alexandre F. s’apprête à en faire de même. Déjà les forêts de Saint-Germain ont revêtu leur parure multicolore, le raisin a été récolté dans les vignes de Challières, Alexandre fait mentalement le chemin qui va le conduire demain 10 octobre de sa ferme jusqu’à la caserne Curial à Chambéry pour être incorporé au 97ème régiment d’infanterie.

Comme eux, la moitié des conscrits de 1910 sont affectés dans les garnisons des Alpes, de Thonon à Bourg-Saint-Maurice et Briançon. Ils serviront dans l’infanterie alpine, l’artillerie de montagne ou le génie. Rien de surprenant à cela, la frontière avec l’Italie doit être protégée car notre voisin immédiat est membre de la Triplice depuis 1882 date à laquelle il s’est rapproché des empires centraux, Allemagne et Autriche-Hongrie.

CartePostaleChasseursAlpins
Carte postale illustrant un bataillon de chasseurs alpins

Formés durant deux ans, nos jeunes recrues participent aux manœuvres alpines qui se déroulent chaque été de la Tarentaise jusqu’au Briançonnais et au Queyras. « Toutes les batteries alpines – lit-on alors dans le Journal du Commerce – quitteront leurs garnisons début juillet. Dès leur arrivée dans leurs secteurs elles exécuteront des tirs réels de quatre jours, dans les hautes vallées ou montagnes, en présence de leur bataillon de chasseurs respectifs ».
Ceux qui ne sont pas envoyés défendre au plus près la frontière alpine se retrouvent dans les garnisons de Grenoble, Lyon et au camp de Sathonay.

CartePostaleSathonay
Carte postale du camp de Sathonay

Situé sur un vaste plateau au nord de Lyon, le camp de Sathonay est équipé pour accueillir 8000 hommes et 400 chevaux. Création du Second empire, au départ simple camp de toile, il s’est peu à peu transformé en une installation moderne avec baraquements en dur, approvisionnement en eau, poudrière, champ de tir, protection fortifiée et liaison ferroviaire avec le réseau national. Depuis 1901, les régiments de zouaves d’Afrique du nord envoient ici un bataillon, en particulier le 2ème zouaves d’Oran et le 3ème zouaves de Constantine. Ces régiments de Sathonay recrutent leurs effectifs dans tous les cantons de la métropole, c’est ainsi que trois conscrits d’Albens se retrouvent affectés au 3ème zouaves par le conseil de révision de 1911. Un beau matin du 11 octobre, partis de la gare d’Albens par le train de 4h46, ils se présentent donc aux portes du camp dans la matinée.
Jean-Claude G. d’Albens, François G. de Cessens et Georges Marcel G. de Mognard ne vont pas tarder à se familiariser avec l’uniforme si particulier qu’ils vont porter durant deux ans. Copié de la tenue des Kabiles d’Algérie, il se compose d’une chéchia comme couvre-chef, d’une veste courte et ajustée sans boutons, d’une large ceinture, de culottes bouffantes, de guêtres et de jambières. Dans toutes ces pièces vestimentaires c’est sans doute la ceinture de toile longue de trois mètres qui dû poser le plus de difficultés à nos jeunes recrues albanaises et les conduire à s’entraider pour pouvoir l’enrouler rapidement autour de sa taille.
Leur période d’instruction achevée ils partiront servir en Tunisie – alors protectorat français – de mai 1912 jusqu’au début de l’année 1913. On peut imaginer tout ce qu’ils eurent à raconter au retour dans leurs foyers respectifs le 8 novembre 1913.
Si l’un de vos ancêtres a lui aussi servi dans les troupes coloniales durant la Grande Guerre, vous pouvez nous en faire part en contactant l’association Kronos.

Jean-Louis Hébrard
Article initialement par dans l’Hebdo des Savoie

Albens… à la façon… virgilienne

Témoigner de son temps, de son époque constitue très souvent un exercice délicat. L’Art a ce pouvoir de convertir par son alchimie toute interrogation en appréciation flatteuse. Il en est ainsi du poème de Madame Jean Farnault qui s’inscrit parfaitement dans la « ligne » Kronos, en nous livrant une vision du village d’Albens à travers une sensibilité propre. Un témoignage plein de fraîcheur qui confirme les paroles de Shelley : « La poésie immortalise tout ce qu’il y a de meilleur et de plus beau dans le monde. »

Si du travail, du bruit, vous êtes fatigués,
Il est de jolis coins dans notre douce France ;
Je vous invite amis, êtes—vous décidés
Quand soleil et ciel bleu ont fait une alliance ?

Dans le vieux bourg d’Albens venez vous reposer ;
Ses maisons sont coquettes, au pied de la montagne
Qu’aucun bloc de ciment ne vient défigurer.
L’air est pur, embaumé, fertile sa campagne.

Oubliez un instant vos soucis, vos tracas ;
Il s’étale non loin de deux grands lacs limpides…
À votre place amis je n’hésiterais pas
Et pour y parvenir point n’est besoin de guides.

Bordant des bois épais où pousse le fayard
Vous y rencontrerez, sur des chemins tranquilles
Qui vous feraient aimer le pays savoyard,
De jeunes cavaliers sur des chevaux dociles.

L’orge mure courbant ses longs épis nouveaux
Que l’on voit osciller sous la brise légère,
Faisant aussi frémir les tiges des roseaux
Qui s’étirent le long de la proche rivière.

Vous y verrez aussi des champs de mais blond,
Des champs où le tabac nourrit sa large feuille ;
Le cœur du paysan s’attriste et se morfond
Si la grêle parfois et brusquement l’effeuille.

Des vaches au corps lourd, le pis de lait gonflé,
Encombreront peut-être un instant votre route
Pour aller lentement et d’un pas martelé
Jusqu’à l’herbe des prés qui très vite se broute.

Pour vous laisser charmer par le chant des oiseaux
Vous vous arrêterez au bord d’une clairière
Qui rafraîchit souvent l’eau pure des ruisseaux
Où viennent scintiller des taches de lumière.

Et le soleil couchant mettra des rayons d’or
Sur les monts reverdis, aux vitres des fenêtres ;
Vous pourrez admirer le merveilleux décor
Lorsqu’il nous dit bonsoir avant de disparaître.

Dans le vieux bourg d’Albens venez vous reposer,
La nuit, sur la colline, est bien silencieuse :
Pour dormir dans le calme, à l’ombre du clocher,
Vous n’aurez pas besoin d’une douce berceuse.

LICE

Article initialement paru dans Kronos N° 2, 1987

Visite de l’Accueil des Villes Françaises

Mardi 28 novembre, l’association Kronos recevait une vingtaine de membres de l’Accueil des Villes Françaises d’Aix-les-Bains. Venus par le train, ils ont rapidement rejoint le lieu de leur visite : l’Espace patrimoine où les attendaient la présidente de Kronos, Marie-Thérèse Michaud, ainsi que quelques membres de l’association qui allaient animer cette visite.
C’est avec grand intérêt que le groupe découvrit d’abord le lointain passé antique et médiéval d’Albens et de sa région. Beaucoup apprécièrent cette histoire contée et racontée à partir des objets exposés : réussite de la tuilerie Poncini, développement des fruitières, existence d’une fabrique de chaussures en raphia durant la seconde guerre mondiale. Quelques anecdotes firent revivre deux grandes figures locales, le général Mollard et l’académicien Michaud auteur d’une célèbre histoire des croisades.
Visite AVF

Un petit goûter fut offert en fin de visite. Au moment du départ nombreux furent ceux qui nous firent part du plaisir qu’ils ont eu à découvrir ce petit musée.
Une belle après-midi conviviale et enrichissante dont on peut retrouver les meilleurs moments ci-dessous.

René Canet fait revivre la vie rurale – un auditoire captivé
René Canet fait revivre la vie rurale – un auditoire captivé
Jean-Louis Hébrard raconte ensuite le passé antique du vicus d’Albens
Jean-Louis Hébrard raconte ensuite le passé antique du vicus d’Albens
Puis le groupe l’écoute relater quelques anecdotes sur les grandes figures dAlbens
Puis le groupe l’écoute relater quelques anecdotes sur les grandes figures dAlbens
Benjamin Berthod prend le relais pour raconter le passé antique de La Paroi
Benjamin Berthod prend le relai pour raconter le passé antique de La Paroi
Tout se termine par des photos de groupe.  Ici avec les trois intervenants.
Tout se termine par des photos de groupe. Ici avec les trois intervenants.
Le groupe a remercié notre présidente Marie-Thérèse Michaud pour la qualité de la réception.
Le groupe a remercié notre présidente Marie-Thérèse Michaud pour la qualité de la réception.

Conférence sur la Grande Guerre

Jeudi 30 novembre, à 18h15, se déroulera au musée de Rumilly la conférence que Jean-Louis Hébrard a consacrée à quelques hommes et femmes de l’Albanais.
Intitulée « Faire ressurgir des figures de la Grande Guerre, Clémence, Hector, Francisque et les autres », cette conférence insistera sur les moyens de recherche qui ont permis de retrouver ces destins étonnants.
Durée 1h – Tout public – Entrée gratuite
Contact au musée 04 50 64 64 18

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Les grands glaciers reculent, les premiers hommes arrivent

Du porche de la grotte qui domine le Chéran, on entend bien le fracas des eaux de la rivière. Claires, oxygénées et froides, elles abondent en belles truites aux couleurs arc-en-ciel. Ce sont probablement elles qui ont poussé le petit groupe de chasseurs-pêcheurs à venir s’installer ici, dans cette cavité qui plus tard portera le nom de grotte de Bange.

Le grand porche de la grotte de Bange
Le grand porche de la grotte de Bange

Un homme confectionne minutieusement son harpon ; il se prépare à descendre à la rivière bien visible à travers la maigre forêt de bouleaux et de pins qui depuis peu recouvre les pentes du défilé. Il met la dernière touche à une sagaie dont la pointe peut se détacher dans le corps du poisson. Elle est fixée à une courroie qu’on laisse filer et qui permet de ramener la prise comme avec une ligne de pêche. Longue et fine, à une rangée de barbelures, cette tête détachable taillée dans un bois de renne devrait lui assurer de belles prises.

Tête de harpon taillé dans un bois de renne
Tête de harpon taillé dans un bois de renne

Il fait encore froid, certes, mais cet homme et son groupe ont profité d’un réchauffement relatif du climat pour s’aventurer dans cette vallée alpine. Depuis quelques millénaires en effet la grande glaciation du Würm (dernière poussée glaciaire du quaternaire -70 000 à -12 000 environ) s’éteint progressivement. Les énormes glaciers qui partaient des grandes Alpes, étiraient leurs langues épaisses jusqu’aux terres lyonnaises et grenobloises, les grands glaciers lentement reculent.
C’est pourquoi, il y a 12 000 ans, ces chasseurs-pêcheurs magdaléniens (derniers représentants du paléolithique supérieur) ont lancé leurs premières incursions dans les Alpes.
Les magdaléniens partis de la grotte de Bange, les sédiments recouvrent les traces de leur passage comme celles de toutes les populations qui vinrent ensuite ici (paysans du néolithique, hommes des âges du bronze, du fer puis du Moyen-Âge). Au XXème siècle, la grotte est devenue un site touristique, des amateurs entreprennent des fouilles clandestines. C’est alors qu’est lancé en 1985 un chantier archéologique sous la direction de Gilbert Pion. Des niveaux d’occupation apparaissent successivement jusqu’à la couche magdalénienne (datée d’environ -10 000) qui livre un harpon presque entier taillé dans un bois de renne avec un rang de barbelure. Il devient alors célèbre dans les cercles archéologiques, fait l’objet d’une publication en 1986 dans la revue « Études Préhistoriques » car il se trouve être le seul exemplaire de harpon aussi ancien connu dans les Alpes du Nord. Quant à son auteur d’il y a des millénaires, il reste toujours dans l’anonymat.
Aux chasseurs-pêcheurs du défilé de Bange vont succéder bien des millénaires après les premiers paysans de l’Albanais. À cette époque (-4 000), un climat tempéré chaud et humide s’est installé profitant aux forêts de chêne, orme ou tilleul qui couvrent collines et versants de l’Albanais. Des forêts dont on sait que les habitants des grottes de Savigny exploitaient les ressources puisque d’importantes quantités de glands ont été retrouvées sur le site aux cours des fouilles du XIXème siècle. Les récents travaux de l’archéologue Jean Courtin confirment que les glands étaient récoltés et consommés dès le néolithique ancien. Dans un article consacré à la cuisine du néolithique il indique tout ce qui était nécessaire à leur préparation : « les glands contiennent beaucoup de protéines mais aussi 8 à 10% de tanin toxique ; on peut l’éliminer en les faisant bouillir dans plusieurs eaux, parfois additionnées d’argile ou de cendres, ou par grillage. Grâce à ces procédés, les glands, réduits en farine sur une meule à main, peuvent être consommés sans danger. On pouvait les consommer aussi sous forme de soupes, de bouillies, ou d’une sorte de polenta ».
Les glaciers qui recouvraient autrefois l’Avant-pays savoyard ont regagné les plus hauts sommets des Alpes tout en laissant derrière eux d’importants souvenirs de leur passage, dont un imposant lac glaciaire s’étendant sur plus de 8 kilomètres entre La Biolle et Braille en passant par Saint-Félix et Albens.

LeLes étangs de Crosagnys étangs de Crosagny
Les étangs de Crosagny

Les géologues estiment que son niveau a pu atteindre la cote 370 mètres. On peut ainsi mesurer l’importance de son volume quand on sait que l’altitude de la gare d’Albens est de 353 mètres. Ce lac long et relativement profond sera à l’origine des zones humides, étangs et marais qui caractériseront ultérieurement les environs d’Albens et La Biolle. Les paysans de la Grande Barme de Savigny ont dû en fréquenter les abords durant leur passage dans la grotte fouillée autrefois par le vicomte Lepic (voir précédent article dans l’Hebdo des Savoie). Avec eux va débuter la longue appropriation du territoire par toutes les populations sédentaires qui vont au fil des millénaires et des variations climatiques façonner les paysages qui nous entourent.

Jean-Louis Hébrard

Conférence histoire de la Poste en Savoie

Vendredi dernier, dans la salle Chantal Mauduit à Albens, Kronos recevait Louis Mermin pour une conférence consacrée à l’histoire de la poste en Savoie.
Président des Amis du vieux Rumilly , membre de l’Amicale philatéliste d’Annecy, ce marcophile passionné a puisé largement dans ses riches collections pour nous faire voyager avec les services des postes d’autrefois. Des services qui se mettent en place avec la création des Etats, se structurent tout au long des XVIIIème et XIXème siècles.
Louis Mermin a mis tout son talent d’historien pour nous faire suivre les tribulations d’une missive entre La Roche-sur-Foron et Chambéry pour un retour complexe en Haute-Savoie. Avec lui, on apprend la signification des oblitérations, du port dû et du port payé, à différencier un bureau communal d’un bureau de mandement (canton aujourd’hui), à suivre le parcours du pédon (facteur à pied).
À grands traits Louis Mermin nous a fait traverser le XIXème siècle qui voit l’apparition des premiers timbres (1851), l’arrivée du chemin de fer, l’installation des bureaux de poste (1834 à Albens) avant de toucher au XXème siècle et à la mise en place du circuit postal. En 1931 celui d’Albens faisait passer la voiture postale par Saint-Germain, Mognard, Épersy, La Biolle, Cessens, Ansigny, une voiture postale qui, se souviennent les anciens, était conduite d’une main de maître par Madame Nicolas. La conférence s’est terminée par une présentation de quelques objets remarquables amenés par Louis Mermin avant de profiter du pot offert par l’association. Une bien belle soirée.

Louis Mermin présentant quelques objets
Louis Mermin présentant quelques objets