Et les femmes… avant 1914

La mobilisation d’août 1914 allait faire d’immenses vides que les femmes seront obligées de combler rapidement. Elles vont le faire d’autant plus efficacement qu’elles puiseront dans toutes leurs compétences acquises dans les années d’avant guerre.
Nombreuses sont celles qui disposent du certificat d’étude ou d’un niveau équivalent. Déjà en 1880 l’institutrice de Saint-Girod peut rédiger le certificat suivant : « Murielle C. a fréquenté mon école, elle sait lire, écrire et calculer ou compter ».
L’école est importante, assurant ce socle qui va se révéler bien utile pour la suite des évènements. Il y a aussi « l’ouvroir ». Madame Clochet se souvient bien de celui de Grésy-sur-Aix qu’elle quitte en 1913. Elle y a appris en compagnie d’autres jeunes filles la cuisine, la couture et la broderie, tout ce qui peut servir à la tenue d’une maison.
Celle qui a livré son témoignage publié dans la revue Kronos au début des années 1990 est représentative de toute une génération. Née avec le siècle, elle bénéficie de l’œuvre scolaire mise en place par la IIIème république à l’attention des garçons comme des filles.

mercerie_albens
La mercerie de la place centrale d’Albens (archives Kronos).

Ces femmes du canton ne travaillent pas en usine, ne sont pas employées dans les bureaux mais jouent un rôle actif à la ferme, dans les commerces et bien évidemment dans la tenue du foyer, toujours sous la conduite du mari. Le recensement réalisé à Albens en 1911 laisse toutefois apparaître quelques figures féminines plus indépendantes comme Julia, Mathilde et Jeanne, les trois institutrices de l’école publique mais aussi Fanchette la blanchisseuse, Marie l’aubergiste, Joséphine la modiste, Rosalie l’épicière et Jeanne la garde barrières du PLM. Mentionnons également les sages femmes, l’une en service sur Albens, l’autre sur La Biolle, toutes les deux diplômées de Grenoble.
En dehors de ces dernières il y a toute une population féminine travaillant comme ménagère ou domestique telle Félicie employée chez le notaire ou Joséphine chez le boulanger.
Il n’est pas facile de trouver des informations sur les femmes du canton avant 1914. Il doit toutefois exister dans les papiers familiaux des photographies, lettres, les concernant. Des documents que vous pourrez confier quelques temps à Kronos, société d’histoire bien connue afin qu’elles ne restent pas les « oubliées des archives ».

Jean-Louis Hébrard
Article initialement paru dans l’Hebdo des Savoie

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